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La laine se retrouve matière première pour l’isolation

Publié le 02/06/2016 à 07h00, dans Economie | par Michel Garicoix
La laine se retrouve matière première pour l’isolation ©

Elément naturel, la laine des brebis peut couvrir d’autres surfaces et assumer un nouveau rôle. Atout pour l’isolation des bâtiments, elle est le pari de Naturlaine, une entreprise qui table sur cette matière première originaires de nos contrées.

 

A l’évidence, ce n’est pas ce qui manque dans nos prairies, montagnes et autres prés. Les brebis abondent dans ces paysages, et outre la viande des agneaux, elles donnent une image forte du Pays basque pour leur lait et leusr fromages comme l’AOC Ossau-Iraty. Mais il y a plus, car depuis des années pratiques séculaires, tentatives et expériences se succèdent tranquillement a n de mettre en valeur la laine de brebis, et pas seulement pour s’habiller.

Ainsi en Soule la CAOSO en a fait une activité. Certes, la « Coopérative agricole ovine du sud-ouest » travaille à Idaux-Mendy d’abord sur l’élevage des agneaux, avant d’en exporter par exemple vers l’Espagne. Mais elle recueille également la laine de brebis, comme matière première, éventuellement pour renforcer l’isolation des bâtiments ou des hangars. Plus récemment, du côté de Sare, deux jeunes veulent retrouver l’art traditionnel de confectionner des matelas, justement à partir de la laine de brebis qu’il faut, néanmoins, recueillir, laver, traiter et assembler. Quitte à en faire des oreillers, des duvets et couettes qu’ils pourraient vendre en direct sur place ou bien sur les marchés.

Un gros pull pour la maison

Cette laine de brebis est connue depuis des temps ancestraux pour ses capacités thermiques. Présente dans des habits, elle peut l’être aussi pour isoler les habitations. Et même, « elle est capable de tricoter un gros pull pour la maison » assure Gilles Detiège, fondateur et président de la société Naturlaine. Sur son site d’Ogeu les Bains, à côté d’Oloron Sainte-Marie, elle fait venir des ballots de matière première depuis le Pays basque, mais aussi du Massif central.

L’idée de Naturlaine est d’utiliser la laine des moutons a n d’en faire un isolant pour le bâtiment, par exemple pour protéger les combles contre le froid ou l’humidité. L’entreprise s’y attelle dès 2009, en commençant par un investissement en recherche/ développement autour de deux dé s : maîtriser la ressource et mettre en route un modèle de production viable.

« La laine naturelle a nombre d’atouts, mais son utilisation requiert des étapes exigeantes ». Et Gilles Detiège d’énumérer le lavage, le traitement contre les mites (très friandes de sa kératine), la compression en balles. Par contre, la laine est imputrescible, elle isole bien de la chaleur comme de l’humidité, voire du bruit. Elle maintient son volume malgré le temps et est facile à poser sur murs et cloisons. Les Pyrénées, gisement de laine

Reste à avoir la matière première en volume et régulièrement : les Pyrénées Atlantiques sont le deuxième département ovin français derrière l’Aveyron. De quoi faire des mélanges encore plus ef caces de laine mérinos et de montagne. L’usine d’Ogeu les met au point avant de livrer en rouleaux, panneaux et en vrac les grandes surfaces nationales de matériaux et de bricolage qui, depuis six ans, l’ont référencé.

L’unité béarnaise est passée à la phase industrielle en 2012 « et nous n’avons pas de stock, tant la demande est soutenue » sourit le dirigeant. Naturlaine emploie 20 personnes et table sur 3 millions d’euros de ventes pour 2017. « Nous préparons un autre saut : augmenter la capacité de production avec le démarrage d’ici deux ans d’un site à Oloron Sainte-Marie permettant un processus complet ». Un investissement de cinq millions d’euros.

L’équilibre par les volumes

Meilleur marché que la laine de roche, mais plus chère encore que la laine de verre, la laine de mouton comme isolant tient son point d’équilibre en travaillant sur de plus gros volumes. Mais c’est également une matière facilitant l’isolation acoustique : à preuve, des constructeurs automobiles l’ont retenue pour tapisser les habitacles et autour du moteur des véhicules.
A l’heure des économies d’énergie, Naturlaine voit donc devant elle une demande élargie. Et même « un boulevard avec sa capacité de transformation de cette matière agrosourcée ». Car, puisée auprès des élevages, elle s’annonce comme un isolant naturel et capable de concurrencer la laine de roche ou celle de verre dans le bâtiment.

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