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Fiançailles à l’italienne pour les caoutchoucs Emac

Publié le 30/05/2016 à 07h00, dans Economie | par Michel Garicoix
Fiançailles à l’italienne pour les caoutchoucs EmacComposée de plus en plus de plastiques et de caoutchouc, l’automobile est un débouché majeure pour l’industrie de la plasturgie. © DR

La société souletine EMAC signe un partenariat technique et commercial avec une entreprise italienne. Au moment où les matières plastiques sont montrées du doigt, ce qui poussent les industriels de la plasturgie à travailler sur de nouveaux débouchés.

 

Ca bouge dans le monde des matières plastiques, de la transformation des polymères, du caoutchouc et de la plasturgie. Ces activités industrielles ont le plus souvent pour matière première le pétrole. Et au moment où ses cours mondiaux paraissent durablement bas, la donne économique et nancière ne peut qu’en être affectée. Par ailleurs, les biens en matière plastique sont dénoncés depuis longtemps pour ne pas être facilement destructibles ni recyclables. On pense, par exemple, aux bouteilles d’eau minérale. Mais aussi à d’autres outils de la vie courante. Application de la loi « sur la transition énergétique », un décret est paru le 31 mars au Journal of ciel de la République française : les sacs en plastique à usage unique sont bannis à partir du 1er juillet 2016, donc dans trois mois. Et tous les sacs alimentaires en plastique le seraient au 1er janvier 2017.

Haro sur l’usage unique

Et comme cette éradication touche aussi d’autres produits telle la vaisselle en plastique, il a de quoi chambouler les cycles de production. Déjà une lière du bio-plastique se manifeste : elle veut promouvoir des plastiques d’origine végétale comme des résines biosourcées et biodégradables. Sur ce créneau on trouve des acteurs agricoles comme l’association des producteurs de blé, celles pour le maïs et des industriels.

En Pays basque, plusieurs entreprises travaillent sur les plastiques, soit pour faire des moulages, soit sur les mélanges à bas de polymères : Somocap à Jatxou, la Sogreg à Cambo, ELB à Mauléon, et d’autres. Avec leurs consoeurs du Béarn, elles ont créé PPS, le Pôle polymère sud. Ce rassemblement a tenu le 26 novembre dernier à Pau le premier forum plasturgie en Aquitaine. L’idée est de créer « une veille collaborative sur les tendances et les opportunités des marchés de la plasturgie ». Autrement dit mettre en commun les innovations, dépasser les blocages et autres dif cultés, et faire que les 120 adhérents de PPS puissent pro ter d’informations stratégiques et d’innovations.

EMAC, spécialiste du caoutchouc

Parmi ces industriels, EMAC est une entreprise inscrite dans le paysage de la Soule. « Elastomères Matériaux Composites » est née en 1950, notamment pour mouler des pièces destinées à l’industrie locale de la chaussure, et particulièrement de l’espadrille. Donc des semelles. Cette activité moulage est devenue résiduelle, et EMAC se consacre surtout aux mélanges de caoutchouc. Etablie à Viodos, elle emploie 75 personnes et af che 13 millions d’euros de ventes par an. EMAC vient de conclure un accord de partenariat avec une société italienne : Evercompounds. L’un et l’autre travaillent sur la conception et la production de mélanges de caoutchouc techniques sur-mesure. Leur rapprochement devrait amener des synergies techniques et commerciales. Directeur général de EMAC, Didier Chauffaille explique : « Avec nos produits personnalisés sur-mesure, la qualité de nos mélanges de la conception à la livraison, l’innovation permanente, le respect des exigences de nos clients et des réglementations nous donnent une capacité de production de 18 000 tonnes ». Mais, se pose la question des quantités : « En l’état, EMAC ne pouvait répondre à tous les besoins de nos clients ni à des fabrications de très gros volumes à des prix attractifs. L’accord avec Evercompounds, avec sa capacité de 60 000 tonnes par an ouvre donc sur des développements communs ». En particulier dans des branches comme l’automobile, la câblerie, l’électroménager ou le BTP.

L’automobile, débouché dominant

Car les mélanges noirs ou de couleurs d’EMAC sont déjà destinés majoritairement au secteur automobile. Par exemple pour les essuie-glaces, les joints, les pneus ou les tuyaux. Et elle s’est ouverte d’autres débouchés comme le transport ferroviaire, l’aéronautique, l’horlogerie ou la pharmacie. Essor dans les volumes, déploiement vers de nouvelles utilisations, le partenariat avec Evercompounds vise également sur de nouveaux marchés. Appartenant au groupe Manzoni, la société italienne se consacre elle aussi depuis 50 ans à l’élaboration de mélanges en caoutchouc. Basée à Bologne (province d’Emilie), elle dispose d’un effectif de 110 personnes et réalise un chiffre d’affaire de 104 millions d’euros. A l’international, elle est implantée en Amérique du nord, au Mexique, mais était absente du marché français. Le rapprochement est également celui des façons de voir : « Nos entreprises familiales à taille humaine partagent des valeurs fortes, énumère Didier Chauffaille : le travail de qualité, l’attachement au terroir, les valeurs humaines, l’intégrité et le respect de la parole donnée ». Entre autres. Mais également la recherche de processus soucieux de leur environnement et se voulant peu énergivores.

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