L'écologie, entre nécessité et idéologie
Faut-il être écologiste ? Quel équilibre entre productivité et respect de la nature ? Telles sont les questions qui seront posées lors d’une rencontre qui aura lieu à Bayonne, le 25 février prochain, autour de trois personnalités : le cofondateur du Figaro Magazine, Patrice de Plunkett, auteur d’un livre sur la question (cf. interview ci-dessous), le père Emmanuel, supérieur de l’abbaye de Lagrasse (11), ingénieur des Eaux et Forêts et créateur d’un jardin médiéval renommé, et François de Lesdun, agriculteur. Entre question et conviction, cette rencontre se déroulera à la Maison diocésaine, 10 avenue Jean Darrigrand, à Bayonne, à partir de 9h30.
Trois questions à Patrice de Plunkett, ex-directeur du Figaro magazine, chroniqueur, blogueur, essayiste, auteur de L'Ecologie de la Bible à nos jours (L'Oeuvre) :
Samedi 25 février, à Bayonne, vous participez à la journée de réflexion sur l'écologie organisée par l'Académie pour la Vie. Pourquoi ?
Patrice de Plunkett - L'écologie est le contraire d'une lubie. Il s'agit de la vie de nos enfants et petits-enfants. S'en soucier de façon réaliste n'est donc pas un luxe. Des problèmes se posent, très concrets mais sans précédent : par exemple le carburant de plus en plus cher (à cause de la raréfaction du pétrole), qui va obliger à relocaliser l'économie et à trouver une autre forme de consommation. Ou le gaspillage de l'eau, dans les pays riches et les pays pauvres. Ou le transgénique dans l'agriculture, qui menace la biodiversité nécessaire à la vie. Ou le changement de climat, qui n'est pas un mythe mais une réalité scientifique ! Ces nouveautés nous obligeront à inventer une autre façon de vivre et de travailler ensemble. Comment faire pour que cet avenir soit non un recul, mais un progrès ? Non une catastrophe, mais un bonheur de vivre ? Comment faire naître une société harmonieuse, équitable, solidaire, donc sobre ? Tout est lié : ce que les humains font de la nature, et ce qu'ils font... des humains. Il faut y réfléchir dès maintenant. D'où une journée de débats comme celle de samedi.
Y a-t-il un rapport avec la campagne présidentielle ?
PP - Oui et non ! La campagne électorale agite ces sujets : controverses sur le nucléaire ou le gaz de schiste, démarche du gouvernement à Bruxelles contre un maïs OGM de Monsanto, polémique sur l'arrivée éventuelle d'un ex-ministre de l'Ecologie à la tête de Veolia... Mais une campagne électorale, c'est l'instant de toutes les promesses : ce n'est pas le bon moment pour poser des questions fondamentales comme celle du modèle économique.
Mais il y a une candidate qui se réclame de l'écologie ?
PP – Visiblement, elle n'est pas à l'aise dans une bataille de partis ! Ses sondages le montrent. Observons aussi que le parti qui la présente est en froid avec les associations écologiques de terrain : celles qui oeuvrent dans le concret, au plus près des réalités régionales. L'écologie doit-elle passer par le politique ? Oui, parce que le politique a la charge du bien commun. Mais pas sous une forme partisane et idéologique. Nous allons parler de cette question aussi samedi. Tous vos lecteurs sont conviés.




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