Vous êtes sur : > "L'industrie reste la mère de l'emploi" >
"L'industrie reste la mère de l'emploi"

"L'industrie reste la mère de l'emploi"

Publié le 15/02/2012, dans Economie | par La Semaine du Pays basque

Pour la CCI de Bayonne-Pays basque, l'industrie est indispensable à l'équilibre du territoire. Et plutôt que de parler de désindustrialisation, l'organisme consulaire souligne les transformations de notre tissu économique.

Ritournelles et interactions. L'industrie s'opposerait-elle au tourisme, et l'essor du second affaiblit-il le secteur secondaire ? « C'est un cliché, répond Bernard Darretche, directeur général de la CCI. Au contraire, l'existence toute l'année d'activités économiques dont l'industrie, garantit la pérennité d'un tourisme qui est surtout saisonnier. En effet, les activités permanentes comme les commerces maintiennent vivants villes et villages et, l’été venu, le tourisme ne retrouve pas des activités et sites artificiels. Loin d'être incompatibles, l'industrie favorise le tourisme ». Mais l’industrie est victime de préjugés : « Les jeunes ne la connaissent pas, ni sa production ni ses salaires (supérieurs de 20 à 30% à ceux des services). Et dans bien des esprits, c’est comme si elle était déjà ailleurs, sinon délocalisée ».

Faits et chiffres. L’industrie en Pays basque, c’est 1 700 entreprises, 13 000 postes de travail auxquels s’ajoutent 10 000 emplois dans le btp. Et, surprise, l’industrie représente 18% des emplois salariés en Pays basque à comparer à 16% pour la France entière.

« Mais attention, insiste Bernard Darretche, nombre d’activités industrielles d’ici ne sont pas comptabilisées chez nous puisqu’il peut s’agir de sociétés avec des sièges sociaux ailleurs. Par exemple, Dassault. L’essentiel est de bien voir qu’un emploi dans l’industrie génère trois emplois indirects, le plus souvent dans les services ».

« Diversifiées, étalées dans l’espace, les entreprises industrielles d’ici sont plutôt sur des segments intermédiaires, avec beaucoup de sous-traitance, quelques leaders comme Jez pour les aiguillages, et pour cible d’abord le marché national français ».

Les chantiers industriels de la CCI. « La priorité de la chambre, c’est de consolider l’industrie, insiste André Garreta, son président. Et nous sommes sur trois chantiers :
· la dynamisation des quatre clusters du Pays basque : tourisme, btp, agroalimentaire et glisse ;
· l’édification de plateaux techniques stimulant les industries. Ce fut le cas avec Compositadour inauguré à Bayonne en décembre 2009 pour les matériaux composites. C’est le cas avec Baiapark, berceau à Anglet des entreprises autour du surf et de la glisse ;
· la marque territoriale est aussi une priorité. Elle met en valeur le « Pays basque », deux mots qui veulent dire quelque chose aux entreprises et consommateurs ».

Freins et incitations. Certes, l’industrie est parfois associée à des nuisances, encore que les normes soient devenues de plus en plus strictes. D’où des réticences et coups de frein lorsqu’un projet se dessine. Mais pour la CCI, dissiper les appréhensions est une raison de plus pour créer le « schéma d’urbanisme industriel » qui fait encore défaut ici.

« L’Agence d’urbanisme est sur ce dossier, et elle fera des propositions aux élus, annonce André Garreta. Il le faut, nous avons besoin de terrains, de délimiter les espaces, d’anticiper, sinon les entreprises (et les emplois) iront ailleurs. On l’a vu avec Derivados Forestales. En tout cas, prévient-il, qu’on ne compte pas sur moi pour laisser le Pays basque devenir une vaste maison de retraite ! ».

Que faire ? L’union fait la force, et la CCI travaille depuis plus de dix ans à la recherche d’investisseurs industriels, de concert avec les collectivités locales. « Notre pôle prospection est attire en moyenne 600 postes de travail nouveaux ici chaque année, chiffre Bernard Darretche. Par exemple avec l’arrivée de Jez-MFA, Volcom ou le laminoir Beltrame. Mais pour que des entreprises s’installent, encore faut-il qu’elles trouvent de la matière grise formée : c’est pour cela que la CCI a lancé l’Estia, l’école de Bidart qui prépare des ingénieurs industriels de haut niveau ».

Autre condition, que les soutiens financiers soient plus abondants pour l’industrie, sans doute avec des outils régionalisés. « Il faudrait aussi creuser deux pistes, estime André Garreta : que nous privilégions le « made by France », c'est-à-dire plus notre capacité à transformer, plus les compétences que la matière première. Egalement que nous soutenions mieux les entreprises à l’international. Un peu ce qu’a su faire le Gouvernement basque avec l’outil qu’est la SPRI chez nos voisins ».

REAGIR »




Sécurité : veuillez indiquer le résultat de l'opération suivante : un + 2 =