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Quand l'industrie du surf locale prend la vague de l'innovation

Publié le 02/02/2012, dans Economie | par La Semaine du Pays basque
INNOVATION ... La petite PME Notox, installée à Anglet, est en train de prendre une place de choix dans le secteur de la glisse avec ses planches "éthiques". Signe que l'industrie du surf a encore de belles choses à prouver. Et certainement à exporter.

Le prix trône à l’entrée de l’atelier de la zone artisanale d’Anglet. Décerné à l’automne par le cluster glisse EuroSima, le chèque est venu récompenser les efforts de Notox pour proposer des planches de surf plus respectueuses de l’environnement. « Les surfeurs tiennent un discours écolo mais utilisent des matériaux que personne ne sait recycler. Nous essayons de mettre en adéquation les mots et les actes », explique Dominique Villenave, responsable marketing de la société.
Avec deux autres personnes, Benoît Rameix et Pierre Pomiers, il a fondé l’entreprise Notox en 2009 pour « mettre un peu d’éthique dans la conception des planches de surf ». En plus de la charte de qualité que le groupe impose sur tous ses produits, le procédé de fabrication GreenOne, développé par la société, permet de résoudre le problème du recyclage du polystyrène et de mettre sur les vagues des planches propres. « En plus, l’usage de fibres de lin garantit les performances de nos planches et un confort de glisse incroyable », assure Dominique Villenave.
Avec l’ouverture du Lab en 2010, tous les shapers de la région sont invités à venir travailler leurs pains de polystyrène dans les box de Notox qui met tout le matériel nécessaire à leur disposition. « Nous avons mis en place un circuit fermé de nettoyage de nos box pour ensuite valoriser les résidus. Par exemple, après le passage au glaçage des planches, les résines durcies sont réutilisées et des systèmes de murs aspirants évitent les odeurs et les produits toxiques », détaille Dominique Villenave.

La côte basque, laboratoire local avant développement mondial
Et les résultats sont là puisque la société indique une diminution des déchets ultimes produits par la chaine de fabrication et une absence totale de particules émises dans l’atmosphère. Derrière la préoccupation des fondateurs de Notox, il y a aussi la volonté de garantir un environnement de travail sain aux employés. Bref, un procédé qui pourrait bien faire école à l’heure du développement durable.
C’est en tout cas le pari de l’équipe qui espère bien réussir le test commencé sur la côte basque avant d’exporter la technologie sur tous les autres spots de surf, ailleurs dans le monde. Les fondateurs en sont persuadés : l’innovation peut permettre à cette industrie de passer un nouveau cap, de créer des emplois et de revitaliser un tissu local. « Dans l’équipe, nous sommes deux originaires du Pays basque donc nous voulons absolument faire profiter notre territoire de cette technologie. Et puis la côte basque est un foyer de surf bien connu », souligne le directeur marketing de Notox.
« Lorsque l’on s’est lancé, tout le monde nous a dit que pour évoluer sur ce créneau, on aurait plutôt intérêt à commencer par la Californie et son gigantesque marché avant d’arriver en Europe. Mais si on démontre ici que c’est possible de fabriquer des planches propres, on pense pouvoir intégrer sans trop de problèmes les marchés extérieurs », précise-t-il. Et passer de 10 000 pratiquants potentiels à deux millions laisse envisager à coup sûr une belle marge de progression.

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