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"J'ai toujours été un gardien vigilant des finances départementales"

Publié le 01/02/2012, dans Politique | par Jean-Philippe Ségot
On a l'impression qu'aujourd'hui au Conseil général, vous avez pris un peu de recul. On aurait pu imaginer que vous seriez le leader naturel face à Jo Labazée, l'actuel président du Conseil général, et il semblerait que ce soit plutôt Max Brisson qui véritablement aille au combat avec la vigueur et la férocité qu'autrefois la gauche avait pour vous ?

- Je crois qu'il faut regarder attentivement ce que les uns et les autres disent et font. Je mets de la vigueur, je ne mets pas de férocité ... sauf si on m'en fait trop ... parce que ça ne sert à rien. Les élections sénatoriales se sont passées, j'y ai consacré beaucoup de temps. Depuis le changement de majorité, quand on regarde ce qui a été fait, on peut dire que j'ai indiqué très tôt quels étaient les points sur lesquels l'exécutif départemental faisait fausse route. J'ai été le premier à le dire, peut-être avec mon style et le ton qui est le mien. J'ai la responsabilité d'un groupe de 17 personnes. C'est un groupe assez diversifié et donc lorsque l'on veut porter des postures de synthèse, il faut toujours avoir à l'esprit ce que pensent toutes les composantes de son groupe. Mais je pense avoir été suffisamment clair : depuis que cet exécutif est en place, j'ai dit qu'il y a des choses que je n'accepterais pas, notamment la soumission du Conseil général à la région. Je vais vous citer des exemples de ce qui s'est produit : l'alignement de Jo Labazée sur Alain Rousset pour le financement de la LGV Tours-Angoulême-Bordeaux. Si quelqu'un a combattu cela, c'est moi. J'ai été le premier et nos partenaires de l'UMP ont rallié ma position. Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai toujours dit que le département des Pyrénées-Atlantiques n'avait pas à mettre 100 millions d'euros sur la ligne Tours-Angoulême-Bordeaux sans être sûr d'avoir des contreparties, notamment pour la desserte de Pau. Quand Jo Labazée a été élu, il s'est exécuté : il a demandé à l'assemblée de signer aveuglément le chèque pour Alain Rousset. Je n'ai pas voté pour cela. C'était un acte fondamental ! Et on en arrive à quoi ? A un immense regret de la part de l'exécutif et de Jo Labazée de ne pas avoir subordonné les 100 millions d'euros à la desserte de Pau. J'ai été le premier à porter le fer là-dessus. Vous savez, il y a l'apparence de l'opposition mais il y a également le fond. J'ai été le premier à dire qu'il ne fallait pas que l'on ferme la maison des Pyrénées-Atlantiques à Paris, tout ça pour rallier la maison de l'Aquitaine ... à sa demande ... parce que l'Aquitaine, sans la valeur ajoutée des Pyrénées-Atlantiques, est vide de contenu, notamment sur le tourisme et l'agroalimentaire. J'ai été le premier à porter le fer sur ce sujet, j'ai eu une attitude d'opposition extrêmement dure. J'ai aussi été le premier à dire que je serais très vigilant sur les frais de fonctionnement du Conseil général. Je dis qu'il ne faut pas sacrifier aux gadgets et qu'il faut préserver l'essentiel alors que l'exécutif départemental fait beaucoup de mousse autour d'annonces gadget. On en parlera aux prochaines orientations budgétaires. Vous comprenez que je n'accepte pas l'idée qui consisterait à dire que je serais dans une opposition molle. Ça n'est pas perçu comme cela, je le sais. Je suis dans une opposition à l'exécutif départemental. Je ne partage par leurs points de vue, même si je respecte les hommes et si pour beaucoup, je les apprécie. Je porte nos différences d'une façon extrêmement nette. Je crois que l'on peut dire que ce qui caractérise l'exécutif départemental, c'est la tendance socialiste à la centralisation, qui est très loin de ce que je pense des choses de la vie et de la gestion des collectivités locales. Je suis sur un statut d'opposant qui dira toujours son désaccord lorsque les trajectoires et les lignes politiques ne vont pas dans le sens que je souhaite pour notre département. J'ai toujours été un gardien vigilant des finances départementales. Je sais dans quelle situation financière j'ai récupéré le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques et je sais ce que j'en ai fait. On ne va pas me raconter des salades, je sais comment on construit un désendettement tout en préservant l'investissement. J'ai dit très tôt que je n'accepterais pas l'idée que la très belle situation financière que nous avons soit utilisée pour des erreurs ou des facilités de gestion dans lesquels l'exécutif serait tenté de rentrer. J'étais aux vœux du Conseil général, il y avait tous les maires du département rassemblés, et beaucoup sont venus vers moi. Il y avait le souvenir des sénatoriales bien sûr, mais je sens que dans ce département, quitte à paraître un peu immodeste, il y a de l'attente par rapport à ce que je pense et à ce que je dis. Je ne suis pas le seul, c'est ma parole et celle de mon groupe ainsi que celle de Max Brisson. Je pense qu'il y a une attente parce que les stratégies de communication aussi alambiquées soient-elles ne peuvent pas gommer le fond des orientations. Je vais apporter de la clarté aux débats et je dirai ce que je pense des choses.

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