Industries d'hier et d'aujourd'hui : les basses eaux de l'agroalimentaire
Constituée de petites et moyennes entreprises, voire de très petites entreprises, la filière agroalimentaire a toujours été une activité très présente en Pays basque vu l’importance de l’agriculture et de produits comme le lait, le piment, les salaisons et les viandes.
La mer naturellement avait amené des usines afin de transformer les prises de la pêche. Dans ce secteur, les fermetures d’entreprises ont été nombreuses, notamment autour du port de Saint-Jean de Luz/Ciboure. Ainsi avec la disparition de la conserverie Itsasokoa de Ciboure en 1978, de Soubelet, puis, en 1997, de l’établissement Saupiquet, également à Ciboure, le coup de grâce semble bel et bien donné à cette activité. Même si Socomer et Soluco sont toujours actives. Au total, des centaines de postes de travail disparaissent.
Conséquence d’une redistribution des cartes dans la pêche en haute mer, notamment autour de la sardine, mais aussi de la concurrence d’autres sites. Avec des migrations, comme celle de Vanelli (anchois), de Saint-Pée sur Nivelle au Maroc. Dans le même rayon, l’arrivée du gipuzkoan Aramar à Saint-Jean de Luz ne sera que fugace. Elaborant des délices de calamars aux odeurs qui marquent la zone de Jalday, il laisse en 1998 30 personnes sur le pavé. Quant aux Pêcheries basques établies en 1998-1999 à Saint-Pée sur Nivelle, elles devront être relancées en 2003. Au même endroit, Orma arrêtera ses surgelés en 2004. Et sur un créneau proche, l’entreprise SCA-TPM de Lahonce, dans le conditionnement des crevettes depuis 1977, n’est plus.
D’autres tentatives élargissant les gammes aux conserves ne dureront pas. Ainsi du gipuzkoan Garaz à Itxassou (produits de luxe, liquidé en 1994) ou, sur la même zone d’Errobi, de la coopérative Biperra, créée en 1982. Mais un coup spectaculaire est asséné à cette industrie alimentaire avec la décision de la maison catalane Bernat d’arrêter la production de sa sucette « Chupa Chups » en France. Son unique usine dans l’Hexagone, située sur la zone des Pontots à Bayonne, parfumait depuis 1972 le quartier des Arènes et au-delà (selon les vents). C’est fini au printemps 2003 pour ses 67 salariés, comme cela l’a été après un dépôt de bilan en novembre 2001 pour la dizaine de personnes qu’employait encore la chocolaterie Noblia de Cambo les Bains.
Autre déconvenue plus que symbolique : l’arrêt à l’été 2010 de l’extraction des immémoriales Salines de Bayonne (Cérébos). Leur propriétaire, le groupe allemand Esco/K+S, ne les trouve plus rentables. Cette situation va sérieusement handicaper le Consortium du jambon de Bayonne, car le cahier des charges de cette salaison prévoit un sel du bassin de l’Adour. En se retournant vers Salies de Béarn, il conservera les caractéristiques nécessaires à cette indication géographique protégée (IGP), obtenue de haute lutte de Paris et de Bruxelles en 1998.
D’autres entreprises affectées.
En dehors de l’agroalimentaire, d’autres activités traditionnelles du Pays basque sont touchées soit par la concurrence étrangère, soit par un manque d’investissements, soit encore par des délocalisations en France voire plus loin. Juste à côté de la fabrique Chupa Chups à Bayonne, a disparu bien avant elle la Faïencerie de la Côte basque, et, pas loin de là, la Manufacture d’armes de Bayonne. Cette MAB
fignolait des armes, elle n’aura pas résisté à l’évolution du marché et des techniques, pas plus que la manufacture d’armes de Hendaye, un peu plus au sud. Reste qu’une autre branche aura encore plus souffert au point de n’être plus aujourd’hui que résiduelle : la chaussure. Cependant, toutes ces péripéties n’ont pas empêché de nouvelles initiatives et réussites dans le travail du cuir. Avec toutes les nouvelles industrialisations opérées en Pays basque, nous les retrouverons prochainement dans ces colonnes.
(la suite de cet article la semaine prochaine. A lire : la disparition de l’industrie de la chaussure en Pays Basque).
RETROUVEZ CET ARTICLE DANS LA SEMAINE DU PAYS BASQUE 955 ACTUELLEMENT EN KIOSQUES. SUITE DU FEUILLETON A PARTIR DE LA SEMAINE PROCHAINE.




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