Jean Lassalle, du gaullisme au centrisme
Nous allons revenir à votre livre, Le retour du citoyen. Depuis très jeune, je lis des ouvrages sur le général de Gaulle ou écrits par lui. C’est indéniable quand on vous lit, il y a une âme gaulliste dans beaucoup de vos idées. Je connais beaucoup d’hommes politiques qui se disent être UMP et qui sont moins gaullistes que vous ne l’êtes. Est-ce que cela vous choque que je vous le dise ?
C’est le plus beau compliment que vous puissiez me faire. Il est peut-être un petit peu excessif mais je suis gaulliste. Mon père était gaulliste. Il l’était devenu dans la Résistance, comme mes oncles, par dévouement. Ils se faisaient une certaine idée de la France. Pour moi, c’est le seul homme politique que j’ai admiré et que je continue à admirer. Je pourrai en admirer d’autres… Mais le seul que j’admire, c’est lui ! On ne va pas citer ici tout ce qu’il a fait, mais ce que j’admire avant tout, c’était sa manière d’être, sa manière de se tenir et de se conduire, sa faconde et sa rigueur intellectuelle… Je pense à la douleur et au bonheur intimement mêlés qu’il devait trouver à écrire. C’est un homme qui a dû souffrir en écrivant ! Ça ne se fait pas comme ça, on sent vraiment qu’il a été jusqu’au fond de son âme pour sortir ce qu’il a écrit. Je suis gaulliste, je le serais resté si de Gaulle était resté. Dans la situation familiale dans laquelle j’ai grandi, ils étaient tous gaullistes du côté de mon père alors que du côté de ma mère, il y avait deux sœurs qui avaient épousé deux réfugiés espagnols communistes purs et durs. Ils avaient échappé aux geôles de Franco par miracle, puis ils avaient échappé à la Gestapo, de nouveau par miracle. Ils étaient communistes mais communistes de la Résistance. Quand ils se voyaient, c’était toujours de la friction électrique… Par la suite, Papa a changé. S’apprêtant à soutenir Jacques Chaban-Delmas, il a vu Jacques Chirac soutenir Valéry Giscard d’Estaing. Il a trouvé que Valéry Giscard d’Estaing avait quelque chose et c’est comme ça que s’est introduit le centrisme dans la famille. Puis pour moi, il y a eu la rencontre de François Bayrou et Didier Borotra.




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