La gauche abertzale frappe à la porte
La gauche abertzale frappe à la porte
Euskadi. La gauche radicale n'est toujours pas autorisée à présenter des candidats aux élections.
Tandis que le médiateur sud africain Brian Currin estime que le contact qu'il a eu avec des responsables d'ETA est "encourageant"?dans l'optique d'une solution pacifique définitive, le mundillo politique basque continue à connaître des turbulences quant à la requalification de Batasuna dans le giron des partis politiques fréquentables, et donc admis à se présenter aux élections. Or justement, les élections locales approchent à grands pas : c'est pour 2011, autrement dit demain.
Flash back sur la situation actuelle :?Batasuna est illégal en raison de sa connivence avec ETA, et ne peut donc présenter de candidats. Plus précisément, tout parti politique qui ne condamne pas la violence de l'organisation ne peut se présenter. Le parlement européen a entériné cette mesure. Du coup, la gauche abertzale ne peut présenter de candidats, et plus de 100 000 électeurs se voient condamnés soit à l'abstention, soit au bulletin blanc. Une situation qui ne déplaît pas vraiment au PP et au PSE qui en ont profité pour sceller une alliance contre nature afin de prendre le pouvoir en Euskadi. Dernière précision : Arnaldo Otegi, leader historique de Batasuna, est toujours incarcéré pour avoir tenté de reconstruire le parti sous un autre nom.
Alors que 2011 approche, les lignes bougent. En apparence et dans les medias au moins. Et elles bougent dans le désordre, pour rester poli. Ainsi un vieux dirigeant abertzale a-t-il déclaré récemment qu'il existait des communications entre la gauche radicale et le Parti socialiste, au pouvoir en Espagne et en Euskadi. Cris d'orfraie des socialistes, déjà soupçonnés par le PP de négocier en douce : "Faux, il n'y a aucune passerelle, aucun contact."
Néanmoins, un parlementaire catalan de l'ERC (indépendantiste) dit qu'il a transmis un message à Jose Luis Rodriguez Zapatero de la part de la gauche abertzale. Un message expliquant que les amis d'Arnaldo Otegi souhaitaient participer aux prochaines élections au motif qu'ils s'étaient honnêtement éloignés d'ETA. Un message reçu avec le plus grand scepticisme par l'état-major socialiste qui n'a pas communiqué de réponse.
Patxi Lopez, le lehendakari qui a commencé une grande consultation de tous les partis politiques "autorisés" d'Euskadi, a une position qui, si elle ne plaît pas à tout le monde, a le mérite d'être claire : "Batasuna pourra présenter des candidats si elle prouve qu'elle a définitivement rompu avec ETA. Mais il faut que son discours soit clair, sans ambiguïté aucune. La balle est dans son camp, elle a toute les cartes en main." à vrai dire, c'est simplement un appel au respect de la loi que lance le lehendakari. Cela fait des mois que l'on tourne en rond : on exige de Batasuna certaines garanties, et surtout une déclaration nette sur le rejet de la violence, et celle-?ci répond invariablement en assurant son souhait de passer par la voie démocratique... sans rien condamner. Le compteur tourne, et eu égard à la proximité des scrutins, on commence à désespérer de voir les électeurs de la gauche abertzale pouvoir enfin s'exprimer dans les urnes.
Alors que ce problème fondamental demeure irrésolu, les grands hommes d'Euskadi ne perdent pas une occasion de parler pour des vétilles. Patxi Lopez vient de brocarder Juan Jose Ibarretxe, son prédécesseur à la présidence, au sujet de sa thèse de doctorat présentée (et primée d'une mention) à l'université. L'actuel lehendakari reproche à l'ancien de continuer à défendre des idées souverainistes?"qui divisent le Pays basque au lieu de le rassembler". Patxi Lopez, en bon socialiste, apprécie peu les envies d'indépendance du PNV. Si Batasuna retrouve la voie des urnes, peut-être aura-t-il une vue plus nette de ce que souhaite l'ensemble de la société basque. Le silence des radicaux commence ?à devenir assourdissant, même




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