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Donosti se veut capitale

Donosti se veut capitale

Publié le 09/04/2011, dans Versant Sud | par D.M
Donosti 2016 - San Sébastian a passé le premier tour en vue d'être désignée capitale européenne de la culture en 2016
Ils y tiennent les Donostiar à voir leur ville promue capitale européenne de la culture en 2016. Ils y pensent depuis de longs mois, et multiplient les actions pour promouvoir et mettre en valeur le potentiel énorme de leur cité. Mais la bonne volonté et l'ambition ne suffisent pas : il faut convaincre, passer des épreuves, impressionner les jurys. D'ores et déjà, Donosti a franchi une étape importante : la première sélection officielle à laquelle participaient quinze prétendants et qui en a laissé neuf au tapis, qui s'est déroulée sur trois jours au musée Reina Sofia de Madrid. Le 30 septembre à 17h30, les treize membres du jury présidé par l'allemand Manfred Gaulhofer et composé de sept représentants de l'Union européenne et de six membres du ministère de la culture espagnol, a lancé les noms des six villes qui demeurent en lice : Las Palmas (Canaries), Zaragoza, Segovia, Burgos, Cordoba, et...San Sébastian ! On imagine aisément le bonheur de la délégation basque qui avait tout donné pour persuader les juges ! Sous la conduite de son maire Odon Elorza, appuyé par Blanca Urgell, conseillère à la culture du gouvernement d'Euskadi, et Santi Eraso directeur de projet, la délégation donostiar fit passer un message original avec des moyens originaux, de la musique "maison", de l'accordéon et des chansons de Mikel Laboa, une histoire contée par une fillette de 9 ans, du sable de la Concha et des fauteuils de plage : on n'avait jamais vu ça au célèbre musée madrilène. Les basques interprétèrent un hymne à la tolérance en répétant leur credo : imagination, poésie et convivialité, et en mettant dans la balance leur démarche déterminée pour la paix. Pour se faire bien comprendre, Odon Elorza prit l'exemple de la conseillère municipale Barbara Duhrkop, qui raconta son histoire en peu de mots. D'origine allemande, elle vint s'installer à Donosti. Son époux, Enrique Casas, fut assassiné par ETA (il est l'une des 102 victimes du terrorisme à San Sebastian). Elle expliqua combien il était important pour elle d'avoir élevé ses enfants de telle manière qu'ils pratiquent la tolérance et ignorent la haine. A la moitié du temps imparti pour convaincre le jury les Gipuzkoans avaient ému tout le monde, Santi Eraso avait les larmes aux yeux, bref, c'était presque gagné. Après, il fallait revenir sur terre et parler budgets, moyens et infrastructures, mais ce sont des domaines où la municipalité de San Sebastian est dure à prendre. C'est donc en transformant le prestigieux musée Reina Sofia en plage de la Concha et en racontant simplement la vie et les envies de sa ville, au travers des interventions de ses amis, qu'Odon Elorza a raflé la mise. Bien joué. Maintenant, reste à passer la dernière sélection, et quand on lit les noms des villes encore qualifiées on est enclin à se garder de tout excès d'optimisme. Néanmoins, après la brillante prestation madrilène, Santi Eraso doit être de plus en plus confiant en les vertus artistiques et culturelles de sa ville, et Odon Elorza, bien soutenu par son équipe, peut raisonnablement rêver de voir Donosti devenir capitale en 2016.
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